100
fev
2018
Actualités

Vet’Training organise des formations d’anesthésie et d’anesthésie locorégionale à la clinique vétérinaire Océane.

 

Ces journées de formations comprennent des exposés théoriques et des démonstrations cliniques sur différents thèmes : anesthésie gazeuse, surveillance anesthésiques, blocs de la face, anesthésie péridurale, etc.

Pour plus de renseignements, contactez le Dr Stephan Mahler à l'adresse suivante : contact@vet-training.com

Quel est votre diagnostic ?

Un chien malinois de 8 ans est présenté en consultation pour un épistaxis unilatéral droit présent depuis 1 mois et évoluant vers un jetage purulent. Le chien présente également de nombreux éternuements.

L'examen clinique ne révèle aucune autre anomalie. Un scanner des cavités nasales est réalisé.


1. Que voyez-vous sur les images scanner ?

2. Suite aux résultats du scanner, une biopsie par rhinoscopie est programmée. Quelles techniques d'anesthésie loco-régionale peuvent être réalisées ?

On a lu pour vous

Romano et a. Stress-related biomarkers in dogs administered regional anaesthesia of fentanyl for analgesia during stifle surgery. Vet Anaesth Analg 2016;43:44-54.

 

Chirurgie du grasset : l'anesthésie loco-régionale permet une bien meilleure gestion de la douleur per et postopératoire !

 

Les auteurs de cet article ce sont intéressés aux marqueurs de stress et de douleur pendant et après la chirurgie du genou (TPLO et TTA). Ils ont comparé la perfusion à débit constant de fentanyl (Groupe « Fentanyl »), l’injection péridurale de bupivacaïne (Groupe « ridurale ») et le bloc du nerf fémoral et du nerf sciatique à la bupivacaine (Groupe « Bloc nerveux »).

 

Les chiens des groupes « Péridurale » et « Bloc nerveux » avaient besoin de moins d’isoflurane pour entretenir l’anesthésie, les réveils étaient plus calmes et les scores de douleur plus faibles. Dans le groupe « Bloc nerveux », en particulier, aucun recours à la morphine postopératoire n’a été nécessaire contrairement aux deux autres groupes. La cortisolémie et la glycémie peropératoire n’augmentaient pas dans les groupes « Péridurale » et « Bloc nerveux » contrairement au groupe « Fentanyl ».

 

Cet article illustre une fois de plus les bénéfices de l’anesthésie locorégionale qui seule permet de stopper les afférences nociceptives alors que les morphiniques ne font que les moduler !

Réponses
Dr Julien BRUNE
Imagerie, Ancien AH imagerie médicale, DU IRM corps entier.

1. Que voyez-vous sur les images scanner ?

Une masse oblitère la totalité de la cavité nasale droite.

Elle se réhausse et est bien délimité en périphérie mais possède un centre nécrotique (flèche rouge).

On observe une lyse osseuse sur le septum nasal, associée à un bombement dans la cavité nasale gauche (flèche vert clair). Une métaplasie osseuse est également présente (flèche vert foncé). 

 

La cavité nasale gauche ne présente pas de lésion. 

 

2. Suite aux résultats du scanner, une biopsie par rhinoscopie est programmée. Quelles techniques d'anesthésie loco-régionale peuvent être réalisées ?

 

Le bloc des deux nerfs maxillaires est indiqué pour désensibiliser la cavité nasale.

Le nerf maxillaire est sensitif pour tout le massif maxillaire, incluant la peau, les muqueuses nasale et buccale, la truffe, les dents rostralement à la troisième prémolaire et le palais et/ou ses branches peuvent être bloquées à plusieurs niveaux, en fonction de l’indication.

Plusieurs techniques sont décrites pour bloquer ce nerf en fonction du territoire que l’on veut insensibiliser :

 

       Le bloc du nerf infraorbitaire (au niveau du trou infraorbitaire)

       Le bloc du nerf maxillaire, au niveau de la fosse pterygopalatine

       Le bloc du nerf maxillaire, au niveau du trou alaire rostral.

 

Dans le cas de ce chien, la biopsie a été réalisée caudalement à la troisième prémolaire supérieure et un bloc du nerf maxillaire, dans la fosse ptérygopalatine, était nécessaire (pour inclure la muqueuse du palais, en particulier).  1,5ml de lidocaine a été déposé  en regard de chaque trou maxillaire, afin d’inclure les rameaux palatins.

Au cours de l’anesthésie, la narcose a été maintenue avec une concentration d’isoflurane de 1,5%. Au réveil, le chien était calme et n’a pas éternué

L’analyse histologique des biopsies a conclu à une lésion tumorale maligne : un sarcome nasal de type fibrosarcome.

 

Les blocs nerveux de la face sont rapides à acquérir et faciles à mettre en place : ils ne nécessitent, pour la plupart, aucun matériel spécifique. Les indications sont très nombreuses dans le cadre d’une activité omnipraticienne et spécialisée. Comme pour toutes les autres techniques d’anesthésie locorégionale les complications sont rares et les bénéfices analgésiques considérables. 

 

Pour en savoir plus...

tél. 02 40 05 12 13 - Fax : 02 28 01 39 76
mail : vetoceane@orange.fr - www.vetoceane.fr
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