8
oct
2017
Actualités

 

Le Dr Marylène Omont, diplômée du CEAV de médecine du comportement, rejoint l'équipe Vétocéane !!!


Elle propose des consultations de comportement pour les chiens, les chats et les NACs ; pour des motifs variés tels que la malpropreté, les comportements agressifs,  les phénomènes anxieux, les phobies, les aboiements intempestifs, etc.

Elle réalise également les évaluations comportementales officielles.

Cliquez sur les liens pour obtenir plus d'information sur son parcours et sur le déroulement d'une consultation spécialisée en médecine du comportement.

 

Pour voir les anciennes Newsletters Vétocéane, cliquez ici !

Quel est votre diagnostic ?

Lorette, chat femelle stérilisée européenne de 6 ans, est présentée pour malpropreté urinaire évoluant depuis plusieurs mois. Un traitement à base de clomipramine avait été mis en place, sans effet.

Lorette vit avec 3 autres chats, en maison, avec accès à l'extérieur mais les 4 chats vivent principalement à l'intérieur.

 


1. Quels examens complémentaires préconisez-vous pour éliminer une cause organique ?

2. Sur quelles informations orientez-vous en priorité votre sémiologie comportementale ?

3. Quelles solutions proposez-vous ?

Nous avons lu pour vous

Les signaux d’apaisement dans la communication « homme-chien »

 

A Firnkes et coll. Appeasement signals used by dogs during dog-human communication. Journal of Veterinary Behavior, 2017(19), 35-44.

 

Une étude menée sur 116 chiens ne présentant ni trouble organique, ni trouble du comportement, montre que les patterns « se lécher les babines » et « détourner le regard », signaux d’apaisement biens connus dans la communication entre congénères, sont également émis par le chien lors des interactions humain-chien.

Les chiens sont soumis à 19 tests différents, dans lesquels l’humain se montre soit neutre, soit amical, soit menaçant, à différent degré, envers le chien. L’auteur montre que les chiens émettent ces 2 signaux de façon significativement plus importante lors des tests où l’humain se montre menaçant envers le chien.

L’auteur explique que l‘interprétation de ces signaux est contextuelle. Effectivement le chien peut également se lécher les babines hors contexte relationnel, par exemple lorsqu’il est en présence de nourriture, lorsqu’il est stressé, douloureux ou lors de troubles digestifs.

Dans la communication intra-spécifique, l’utilisation de ces signaux d’apaisement permet de réduire la distance inter-individu en signifiant au partenaire social que l’individu émetteur du signal n’a pas d’intention conflictuelle.

L’auteur conclut que ces 2 patterns « se lécher les babines » et « détourner le regard », sont donc également des signaux d’apaisement émis par le chien lors des interactions humain-chien. Ils ne sont pas réservés à la communication intra-spécifique. Le chien signifie à l’humain, notamment lorsque ce dernier se montre ou est perçu comme menaçant par le chien, que ses intentions sont pacifiques et non conflictuelles.

 

Réponses

1. Quels examens complémentaires préconisez-vous pour éliminer une cause organique ?

 

Une analyse urinaire et une échographie de l'appareil urinaire sont à proposer pour exclure d'éventuelles atteintes urinaires de type cystite, pyélonéphrite, anomalie anatomique du système urinaire, tumeur.

Chez Lorette, l'analyse urinaire est normale, avec une iso-sténurie et une absence de cellule, de bactérie ou cristaux à l'examen du culot. L'échographie de l'appareil urinaire ne révèle aucune anomalie.

 

 

2. Sur quelles informations orientez-vous en priorité votre sémiologie comportementale ?

 

Les informations relatives à l'organisation de l'aire d'élimination sont essentielles.

Les 4 chats disposent de 2 litières, situées au sous-sol de la maison, changées intégralement 1 fois par jour. Il n'y a pas de litière au rez-de-chaussée, où les chats passent la majorité de leur temps.

Lorette urine sur un canapé, en moyenne 2 fois par jour, en position accroupie. Il n'y a pas de marquage urinaire. Elle urinait dans les litières de façon régulière jusqu'à il y a quelques mois. Il n'y a pas de punition de la part de la propriétaire lors des malpropretés.

Des conflits entre chats sont fréquents au sein de la maisonnée. Un des chats empêche régulièrement Lorette d'accéder à l'escalier qui mène au sous-sol.

 

 

3. Quelles solutions proposez-vous ?

 

Le nombre de litière doit être augmenté (nombre de litière = nombre de chats + 1) et des litières doivent être disposées au rez-de-chaussée pour faciliter l'accès à la litière.

Le canapé est recouvert d'une couverture de survie (aversif) et un bac à litière nettoyé tous les jours à l'eau de javel est disposé juste à côté du canapé.

Un aménagement et un enrichissement du territoire est proposé pour améliorer la cohabitation entre les chats : plus de lieux de couchage, cachettes en hauteur, arbre à chat avec poste d'observation devant une fenêtre, distribution alimentaire via des plateaux distributeurs.

 

 

DISCUSSION

 

L'étiologie des troubles de l'élimination chez le chat peut être complexe et difficile à déterminer. Il peut s'agir de troubles présents depuis toujours, correspondant plutôt à des défauts d'apprentissage ; ou de troubles d'apparition récente, dits "acquis", cas de figure le plus fréquent.

Ces troubles acquis sont le plus souvent multifactoriels. Il faut donc étudier les différentes causes possibles :

  • Une affection organique : maladies responsables d'un syndrome PUPD (diabète, insuffisance rénale, hyperthyroïdie, ...), maladies responsables de dysurie (cystite et ABAU), une incontinence urinaire
  • Les aversions à l'usage du bac : elles concernent le lieu où se trouve le bac (endroit bruyant, passager, inaccessible) ou le substrat (litière malodorante par défaut de nettoyage, odeur des granulés, granulométrie différente par rapport à une ancienne litière). Elles peuvent aussi être acquises à la suite d'expériences désagréables (chat dérangé lors de l'élimination, punition dans le bac à litière, administration de médicaments dans le bac, douleur à la miction lors de cystite,...)
  • Une préférence de substrat : certains chats préfèrent les surfaces lisses et réfléchissantes (carrelage, baignoire, lino) alors que d'autres préfèrent des surfaces douces (tapis, couette, serviette)
  • Un état anxieux : souvent lié à un changement dans les habitudes, une mauvaise relation/communication avec les propriétaires, un état de frustration (sorties non autorisées, budget-temps inadapté), conflits entre chats.

 

Pour en savoir plus...

 

Ellis SL, Rodan I, Carney H, Heath S, Rochlitz I, Sheaburn L, et al., 2013. AAFP and ISFM Feline Environmental Needs Guidelines. J. Feline Med. Surg., 15, 219-230.

Herron, 2010. Advances in understanding and treatment of feline inappropriate elimination. Top Companion Anim Med. 25(4):195-202

Horwitz,1997. Behavioral and environmental factors associated with elimination behavior problems in cats: a retrospective study. Appl. Anim. Behav. Sci. (52):129–137

Neilson, 2003. Feline house soiling: elimination and marking behaviors. Vet Clin North Am (Small Anim Pract). (33):287–301

Overall, 2013. Manual of Clinical Behavioral Medicine for dogs and cats. Elsevier, 812p

tél. 02 40 05 12 13 - Fax : 02 28 01 39 76
mail : vetoceane@orange.fr - www.vetoceane.fr
Urgences 24/24h 7/7j